{"id":8557,"date":"2025-08-06T11:21:08","date_gmt":"2025-08-06T14:21:08","guid":{"rendered":"https:\/\/cauim.org\/?p=8557"},"modified":"2026-01-29T15:36:40","modified_gmt":"2026-01-29T18:36:40","slug":"d-h-lawrence-et-une-femme-seulement-un-chef-doeuvre-de-la-litterature-et-du-cinema","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/cauim.org\/fr\/d-h-lawrence-et-une-femme-seulement-un-chef-doeuvre-de-la-litterature-et-du-cinema\/","title":{"rendered":"D.H. Lawrence et Seulement une femme, un chef-d&#039;\u0153uvre de la litt\u00e9rature et du cin\u00e9ma"},"content":{"rendered":"<div data-elementor-type=\"wp-post\" data-elementor-id=\"8557\" class=\"elementor elementor-8557\" data-elementor-post-type=\"post\">\n\t\t\t\t\t\t<section class=\"elementor-section elementor-top-section elementor-element elementor-element-621fa4b1 elementor-section-boxed elementor-section-height-default elementor-section-height-default\" data-id=\"621fa4b1\" data-element_type=\"section\">\n\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-container elementor-column-gap-default\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-column elementor-col-100 elementor-top-column elementor-element elementor-element-4cefeebd\" data-id=\"4cefeebd\" data-element_type=\"column\">\n\t\t\t<div class=\"elementor-widget-wrap elementor-element-populated\">\n\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-3e330f91 elementor-widget elementor-widget-text-editor\" data-id=\"3e330f91\" data-element_type=\"widget\" data-widget_type=\"text-editor.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t<p><\/p>\n<p><em>Marco Aur\u00e9lio Luchetti &amp; RF Lucchetti<br \/>E<\/em><em>\u00c9dition : Marco Aur\u00e9lio Lucchetti<\/em><\/p>\n<p><\/p>\n<p><strong>\u201c<em>Juste une femme <\/em>C&#039;est un film vraiment bon et int\u00e9ressant.<em>.<br \/><\/em>C<\/strong><strong>Le r\u00e9cit d\u00e9bute timidement et lentement, \u00e9tablissant, comme une couche de b\u00e9ton, le caract\u00e8re de deux jeunes filles et la relation qui les unit.<em>.<br \/><\/em>O<\/strong><strong> Le rythme et la qualit\u00e9 des couleurs, douces et artificielles, avec de nombreuses sc\u00e8nes photographi\u00e9es dans des ombres de toutes sortes, transmettent un sentiment m\u00e9lancolique, comme si quelque chose clochait chez tout le monde.<em>.<br \/><\/em>O<\/strong><strong>\u00a0<\/strong><strong>Le sc\u00e9nario, \u00e9crit par Lewis John Carlino et Howard Koch, est intelligent.\u201d<em><br \/><\/em>R<\/strong><strong>Renata Adler, dans l&#039;\u00e9dition du 8 f\u00e9vrier 1968 de <em>Le New York Times<\/em><\/strong><\/p>\n<p><\/p>\n<figure><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/cauim.org\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/apenas-uma-mulher-01-1024x567.jpg\" alt=\"\" \/><\/figure>\n<p><\/p>\n<p>\u201cLes deux jeunes femmes \u00e9taient plus connues sous leurs noms de famille, Banford et March. Elles avaient lou\u00e9 la ferme, avec l&#039;intention de la g\u00e9rer elles-m\u00eames\u00a0: elles comptaient \u00e9lever des poulets et vivre de l&#039;aviculture\u00a0; elles pr\u00e9voyaient \u00e9galement d&#039;acheter une vache pour la reproduction. Malheureusement, leur projet n&#039;a pas abouti.<em>.<br \/><\/em>Banford \u00e9tait une petite femme fragile et d\u00e9licate, qui portait des lunettes ; mais elle \u00e9tait la principale source de revenus, car March \u00e9tait presque sans ressources. Le p\u00e8re de Banford, un marchand d&#039;Islington, lui apporta une aide initiale, pensant \u00e0 sa sant\u00e9, parce qu&#039;il l&#039;appr\u00e9ciait et parce qu&#039;il semblait qu&#039;elle ne se marierait pas. March \u00e9tait plus robuste. Elle avait appris la menuiserie et l&#039;\u00e9b\u00e9nisterie lors de cours du soir \u00e0 Islington et allait devenir le chef de famille. Au d\u00e9but, elles avaient la compagnie du grand-p\u00e8re de Banford, un fermier retrait\u00e9. Mais, apr\u00e8s un an \u00e0 la ferme, le vieil homme mourut et les deux jeunes filles se retrouv\u00e8rent seules.<em>.<br \/><\/em>Aucun des deux n&#039;\u00e9tait tr\u00e8s jeune \u2013 ils approchaient la trentaine, ce qui prouve qu&#039;ils n&#039;\u00e9taient pas vieux non plus. Ils ont commenc\u00e9 ce travail avec un grand courage.\u201d<\/p>\n<p><\/p>\n<p>Voici les premiers paragraphes de <em>Juste une femme<\/em> (<em>Le renard<\/em>, (dans la version originale), un roman \u00e9crit par le po\u00e8te, romancier et critique anglais D.H. Lawrence.<\/p>\n<p><\/p>\n<figure><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/cauim.org\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/apenas-uma-mulher-1-1024x479.jpg\" alt=\"\" \/><\/figure>\n<p><\/p>\n<p><em>DH Lawrence (David Herbert Lawrence, 1885-1930) et son \u00e9pouse, Frieda Lawrence (n\u00e9e Emma Maria Frieda Johanna Freiin von Richthofen, 1879-1956), sur une photo prise l&#039;ann\u00e9e de leur mariage, en 1914.<\/em><\/p>\n<p><\/p>\n<p>DH Lawrence est n\u00e9 \u00e0 Eastwood, ville d\u00e9crite comme telle dans le deuxi\u00e8me volume de <em>Les Immortels de la litt\u00e9rature mondiale<\/em> (S\u00e3o Paulo, Avril Culturel, 1972, p. 150) :<\/p>\n<p><\/p>\n<p>\u201cEastwood, pr\u00e8s de Nottingham, ressemble davantage \u00e0 un village qu&#039;\u00e0 une ville. Une ville o\u00f9 l&#039;on extrait du charbon depuis des si\u00e8cles. Pourtant, les mines semblent presque anecdotiques dans un paysage orn\u00e9 de gr\u00e8s aux couleurs \u00e9clatantes, des ch\u00eanes de la l\u00e9gendaire for\u00eat de Robin des Bois et des aust\u00e8res collines calcaires du Derbyshire.<em>.<br \/><\/em>Un jour, dans la seconde moiti\u00e9 du XIXe si\u00e8cle, arriv\u00e8rent les capitalistes et le chemin de fer. Et le paysage se transforma peu \u00e0 peu. Les petites cabanes des mineurs firent place \u00e0 des maisons en briques. Les m\u00e9thodes archa\u00efques d&#039;extraction mini\u00e8re se modernis\u00e8rent. De grandes mines de charbon furent construites. Et les voies ferr\u00e9es travers\u00e8rent les terres agricoles, les collines et les bois. Pourtant, malgr\u00e9 tout, le paysage reste magnifique.\u201d<\/p>\n<p><\/p>\n<figure><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/cauim.org\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/apenas-uma-mulher-2-1-1024x577.jpg\" alt=\"\" \/><\/figure>\n<p><\/p>\n<p><em>La maison natale de D.H. Lawrence, situ\u00e9e au num\u00e9ro 8 de la rue Victoria \u00e0 Eastwood, abrite aujourd&#039;hui le mus\u00e9e de la maison natale de D.H. Lawrence, qui renferme certains objets originaux ayant appartenu \u00e0 la famille de l&#039;\u00e9crivain.<\/em>\u00a0<\/p>\n<p><\/p>\n<p>Quatri\u00e8me enfant d&#039;Arthur John Lawrence, mineur quasi illettr\u00e9 (de ces mineurs alcooliques et grossiers) qui avait la f\u00e2cheuse habitude de manger avec un couteau \u00e0 cran d&#039;arr\u00eat et de boire son th\u00e9 dans une soucoupe, et de Lydia Lawrence (n\u00e9e Lydia Beardsall), ancienne institutrice aux mani\u00e8res raffin\u00e9es, D.H. Lawrence fut l&#039;un des auteurs britanniques dont les \u00e9crits suscit\u00e8rent le plus de controverses et d&#039;opinions divergentes. Son \u0153uvre, bien que consid\u00e9r\u00e9e comme novatrice dans l&#039;esth\u00e9tique de la litt\u00e9rature anglaise du XXe si\u00e8cle, reste incomprise de nombreux lecteurs, qui la jugent vulgaire et ind\u00e9cente. Certains lecteurs \u2013 hypocrites (qui d\u00e9fendent en apparence un puritanisme qu&#039;ils ne partagent pas) et\/ou peu perspicaces (ayant, semble-t-il, subi un lavage de cerveau tardif) \u2013 la consid\u00e8rent m\u00eame comme pornographique.<em>.<br \/><\/em>Apr\u00e8s avoir termin\u00e9 ses \u00e9tudes secondaires, D.H. Lawrence a travaill\u00e9 comme employ\u00e9 de bureau. Mais trois mois plus tard, en raison d&#039;une grave pneumonie, il a d\u00fb quitter son emploi.<em>.<br \/><\/em>D\u00e8s sa gu\u00e9rison de sa pneumonie, il devint instituteur et, pendant trois ans, enseigna aux enfants des mineurs.<em>.<br \/><\/em>Durant cette p\u00e9riode, encourag\u00e9 par Jessie Chambers, une jeune femme qu&#039;il avait rencontr\u00e9e pendant sa convalescence apr\u00e8s une pneumonie, D.H. Lawrence apprit \u00e0 jouer du piano et \u00e0 peindre.<em>.<br \/><\/em>(Ouvrir une parenth\u00e8se)<em>.<br \/><\/em>Certaines des premi\u00e8res aquarelles de l&#039;\u00e9crivain sont expos\u00e9es au mus\u00e9e de la maison natale de D.H. Lawrence.<em>.<br \/><\/em>Fermez la parenth\u00e8se<em>.<br \/><\/em>Encourag\u00e9 lui aussi par Jessie, D.H. Lawrence approfondit ses connaissances litt\u00e9raires en lisant les romans d&#039;Emily Bront\u00eb, de George Eliot et de Thomas Hardy. Plus tard, il d\u00e9couvrira les po\u00e8tes John Keats et Percy Bysshe Shelley, ainsi que les pi\u00e8ces de Shakespeare.\u00a0 \u00a0\u00a0<\/p>\n<p><\/p>\n<figure><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/cauim.org\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/apenas-uma-mulher-3.jpg\" alt=\"\" \/><\/figure>\n<p><\/p>\n<p><em>Sur la photo ci-dessus, Jessie Chambers.<br \/>C<\/em><em>D.H. Lawrence a dit un jour \u00e0 propos de Jessie Chambers :<\/em> \u201c Cette jeune fille m\u2019a propuls\u00e9e, si facilement, dans ma carri\u00e8re litt\u00e9raire, comme une princesse coupant un ruban, lan\u00e7ant un navire. \u201d<\/p>\n<p><\/p>\n<p>En 1906, D.H. Lawrence s&#039;inscrit \u00e0 l&#039;universit\u00e9 de Nottingham et commence \u00e0 \u00e9crire son premier roman., <em>Le Paon Blanc<\/em> (<em>Le Paon Blanc<\/em>), publi\u00e9, sans r\u00e9percussions majeures, en 1911.<\/p>\n<p><\/p>\n<figure><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/cauim.org\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/apenas-uma-mulher-4-664x1024.jpg\" alt=\"\" \/><\/figure>\n<p><\/p>\n<p><em>Couverture d&#039;une \u00e9dition r\u00e9cente du premier roman de D.H. Lawrence.<\/em><\/p>\n<p><\/p>\n<p>C&#039;est avec la publication, en 1913, de <em>Fils et Amants<\/em> (<em>Enfants et amoureux<\/em>), un roman pratiquement autobiographique, qui a fait de D.H. Lawrence une figure bien connue des cercles litt\u00e9raires anglais et a conduit \u00e0 sa reconnaissance en tant qu&#039;\u00e9crivain important.<em>.<br \/>Enfants et amoureux <\/em>Ce r\u00e9cit d\u00e9crit le quotidien d&#039;une famille de mineurs. Ses personnages principaux sont Mme Morel et son fils Paul, un gar\u00e7on fragile dot\u00e9 d&#039;un temp\u00e9rament artistique.<em>.<br \/><\/em>Dans le huiti\u00e8me volume de son \u0153uvre monumentale et indispensable <em>Histoire de la litt\u00e9rature occidentale<\/em> (Il s&#039;agit, sans aucun doute, de la plus grande et de la meilleure histoire de la litt\u00e9rature connue dans toutes les langues et dans le monde entier), \u00e9crivait le critique et essayiste austro-br\u00e9silien Otto Maria Carpeaux. <em>Enfants et amoureux<\/em> avec ces mots :<\/p>\n<p><\/p>\n<p>\u201c La premi\u00e8re grande r\u00e9v\u00e9lation de talent de D.H. Lawrence \u00bb, <em>Enfants et amoureux<\/em> Il s&#039;agit d&#039;un roman \u00e0 vis\u00e9e psychanalytique, \u00e9crit avant que la psychanalyse ne devienne \u00e0 la mode et avant que l&#039;auteur ne la connaisse. \u00c0 partir de la relation entre la m\u00e8re et le fils, les psychanalystes entendent d\u00e9duire l&#039;\u0153uvre litt\u00e9raire de Lawrence dans son ensemble et \u00e9lucider la psychologie de l&#039;\u00e9crivain.\u201d<\/p>\n<p><\/p>\n<p>Et, dans un texte dat\u00e9 de 1943, l&#039;essayiste, \u00e9crivain, m\u00e9morialiste et critique litt\u00e9raire portugais Jo\u00e3o Gaspar Sim\u00f5es \u00e9crivait ce qui suit \u00e0 propos de <em>Enfants et amoureux<\/em>:<\/p>\n<p><\/p>\n<p>\u201c C&#039;est le roman le plus puissant de D.H. Lawrence. C&#039;est l&#039;un des romans les plus extraordinaires jamais \u00e9crits. Le probl\u00e8me abord\u00e9 dans ce livre est d&#039;ordre psychologique. Non pas scientifique, comme c&#039;est le cas dans certains romans modernes, mais par la transposition artistique d&#039;un complexe si intimement v\u00e9cu qu&#039;on pourrait dire que nous assistons \u00e0 la r\u00e9surrection de la trag\u00e9die grecque. Le drame douloureux et \u00e9trange d&#039;\u0152dipe se d\u00e9ploie dans ce livre. De fait, certains en Angleterre (Middleton Murry) ont affirm\u00e9 que l&#039;art de Lawrence \u00e9tait le fruit de ce complexe psychanalytique. \u00bb. <em>Enfants et amoureux<\/em> \u201d C\u2019est en effet le roman le plus autobiographique de cet auteur, et il d\u00e9peint l\u2019angoisse d\u2019un fils contrari\u00e9 dans ses amours par une passion secr\u00e8te\u00a0: la passion pour sa propre m\u00e8re. Ainsi, tout au long de ce roman poignant, o\u00f9 l\u2019on assiste \u00e0 l\u2019\u00e9chec de tous les amours de Paul Morel, la figure qui domine la sc\u00e8ne et absorbe toute vie autour d\u2019elle est celle de la m\u00e8re. C\u2019est pourquoi, lorsque ses souffrances lentes, atroces et path\u00e9tiques prennent fin, nous ressentons, comme le fils lui-m\u00eame, que toute tyrannie est termin\u00e9e, qu\u2019une vie nouvelle est sur le point de commencer. L\u2019\u0153uvre de Lawrence est comme une sublimation de cet amour impossible. \u00bb<\/p>\n<p><\/p>\n<p>Eh bien, si <em>Enfants et amoureux<\/em> \u00e9 <em>\u201c Le roman le plus puissant de D.H. Lawrence \u201d<\/em>, le roman le plus r\u00e9ussi de l&#039;auteur est, sans aucun doute, <em>Le renard<\/em> (<em>Le renard<\/em>, (traduction litt\u00e9rale), \u00e0 propos duquel, dans une critique publi\u00e9e dans l&#039;\u00e9dition du 5 d\u00e9cembre 2002 de <em>La Revue des livres de New York<\/em>, L&#039;\u00e9crivaine britannique Doris Lessing a d\u00e9clar\u00e9 :<\/p>\n<p><\/p>\n<p>\u201cL&#039;atmosph\u00e8re de <em>Le renard<\/em> Ce r\u00e9cit est si puissant qu&#039;on en oublie presque son ancrage spatio-temporel. La Premi\u00e8re Guerre mondiale vient de s&#039;achever et les soldats rentrent chez eux. Nous sommes en 1919, car la grande \u00e9pid\u00e9mie de grippe a fait des victimes dans le village voisin. La petite ferme o\u00f9 deux jeunes femmes, March et Banford, tentent de gagner leur ind\u00e9pendance est assombrie par la guerre. Elles \u00e9chouent ; elles ne savent pas cultiver la terre. Leur moral est \u00e9galement au plus bas : le d\u00e9sespoir et la peur de l&#039;avenir les habitent. Le d\u00e9couragement s&#039;installe facilement, et elles ont un ennemi bien visible : un renard qui leur vole leurs pr\u00e9cieuses poules. Elles d\u00e9cident d&#039;\u00e9liminer ce voleur, mais il est trop rus\u00e9. Cet animal obs\u00e8de March, la plus forte des deux. D\u00e8s le d\u00e9but, la b\u00eate la d\u00e9passe.\u201d<\/p>\n<p><\/p>\n<p>Publi\u00e9 initialement en 1922 dans la revue litt\u00e9raire am\u00e9ricaine <em>Le cadran<\/em>, <em>Le renard <\/em>C&#039;est un roman sombre et tragique. Aussi tragique que n&#039;importe quelle trag\u00e9die \u00e9crite par Sophocle ou Euripide.<em>.<br \/><\/em>Nous osons dire que <em>Le renard<\/em> C&#039;est une fable moderne, \u00e9crite avec concision (seulement quatre-vingt-sept pages) et pr\u00e9cision (D.H. Lawrence n&#039;a pas gaspill\u00e9 de mots, il n&#039;a rien d\u00e9taill\u00e9 d&#039;inutile), dans un style po\u00e9tique, qui nous plonge peu \u00e0 peu dans le quotidien difficile de deux jeunes femmes vivant pratiquement coup\u00e9es du monde. C&#039;est une \u00e9tude saisissante et \u00e9mouvante de sentiments profonds et violents, n\u00e9e de l&#039;apparition d&#039;un renard, puis d&#039;un jeune homme, Henry Grenfel, dans la vie de Jill Banford et Ellen March, qui vivent ensemble dans une petite ferme.<em>.<br \/><\/em>De toute fa\u00e7on, <em>Le renard<\/em> C&#039;est parfait. Ce n&#039;est pas un hasard si cela a \u00e9t\u00e9 choisi parmi les <em>1001 livres \u00e0 lire avant de mourir<\/em> (occupe la position 724)<em>.<br \/><\/em>Nous avons pris note du texte de <em>Le renard <\/em>en 1977, gr\u00e2ce \u00e0 la traduction portugaise de Jos\u00e9 Veiga et publi\u00e9e dans un livre paru au format <em>livre de poche (environ 10,5 x 18 cm)<\/em>, d&#039;Edibolso, de S\u00e3o Paulo.<\/p>\n<p><\/p>\n<figure><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/cauim.org\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/apenas-uma-mulher-5-598x1024.jpg\" alt=\"\" \/><\/figure>\n<p><\/p>\n<p><em>Couverture du livre \u00e9dit\u00e9 par Edibolso avec le texte portugais du roman.<\/em> Le renard<em>.<br \/>Cette \u00e9dition d&#039;Edibolso a \u00e9t\u00e9 autoris\u00e9e par Distribuidora Record de Servi\u00e7os de Imprensa SA, de Rio de Janeiro, qui d\u00e9tenait \u00e0 l&#039;\u00e9poque les droits sur la traduction r\u00e9alis\u00e9e par Jos\u00e9 Veiga.<\/em><\/p>\n<p><\/p>\n<p>Curieusement, ou plut\u00f4t par co\u00efncidence, \u00e0 peu pr\u00e8s au m\u00eame moment (nous ne nous souvenons plus si c&#039;\u00e9tait peu avant ou peu apr\u00e8s l&#039;acquisition du volume publi\u00e9 par Edibolso), nous avons \u00e9t\u00e9 t\u00e9moins de\u2026 <em>Session de gala<\/em>, de TV Globo, \u00e0 l&#039;adaptation cin\u00e9matographique de <em>Une femme comme les autres.<br \/><\/em>\u00c9galement intitul\u00e9 <em>Juste une femme<\/em>, Le film, une production canadienne r\u00e9alis\u00e9e par Mark Rydell, a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9 en avant-premi\u00e8re dans les cin\u00e9mas canadiens le 13 d\u00e9cembre 1967. Il mettait en vedette l&#039;actrice am\u00e9ricaine Sandy Dennis dans le r\u00f4le de Jill Banford et l&#039;actrice anglaise Anne Heywood dans celui d&#039;Ellen March.<\/p>\n<p><\/p>\n<figure><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/cauim.org\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/apenas-uma-mulher-6.jpg\" alt=\"\" \/><\/figure>\n<p><\/p>\n<p><em>Anne Heywood (n\u00e9e Violet Joan Pretty, 1931-2023) et Sandy Dennis (Sandra Dale Dennis, 1937-1992), interpr\u00e9tant respectivement Ellen March et Jill Banford, dans une sc\u00e8ne de<\/em> Juste une femme<em>.<\/em><\/p>\n<p><\/p>\n<p>Aux \u00c9tats-Unis, le film est sorti en f\u00e9vrier 1968.<em>.<br \/><\/em>Au Br\u00e9sil, elle ne fera ses d\u00e9buts qu&#039;en 1969, apr\u00e8s avoir remport\u00e9 le <em>Golden Globe<\/em> Meilleur film en langue \u00e9trang\u00e8re (anglais)<em>.<br \/><\/em>Ouvrir une autre parenth\u00e8se<em>.<br \/>Juste une femme<\/em> a particip\u00e9 \u00e0 trois autres cat\u00e9gories <em>Golden Globe<\/em>Meilleur r\u00e9alisateur, meilleur sc\u00e9nario et meilleure actrice dans un film dramatique. Malheureusement, il n&#039;a remport\u00e9 aucun de ces prix.<em>.<br \/><\/em>Fermez cette parenth\u00e8se.<\/p>\n<p><\/p>\n<figure><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/cauim.org\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/apenas-uma-mulher-7-1024x580.jpg\" alt=\"\" \/><\/figure>\n<p><\/p>\n<figure><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/cauim.org\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/apenas-uma-mulher-8-1024x775.jpg\" alt=\"\" \/><\/figure>\n<p><\/p>\n<p><em>Pour sa performance dans <\/em>Juste une femme<em>, Anne Heywood a \u00e9t\u00e9 nomin\u00e9e pour <\/em>Golden Globe<em> Pour le prix de la meilleure actrice dans un film dramatique. Elle ne l&#039;a pas remport\u00e9, mais elle le m\u00e9ritait.<\/em><\/p>\n<p><\/p>\n<p>En 1968, presque simultan\u00e9ment \u00e0 la sortie de <em>Juste une femme<\/em> Aux \u00c9tats-Unis, la maison d&#039;\u00e9dition londonienne Sphere Books l&#039;a publi\u00e9 dans ce format. <em>livre de poche<\/em>, Il s&#039;agit d&#039;un livre contenant le texte du roman de D.H. Lawrence. Ce livre a connu plusieurs \u00e9ditions successives, et la couverture de l&#039;une d&#039;entre elles reproduit l&#039;une des sc\u00e8nes les plus marquantes et les plus puissantes du film.<\/p>\n<p><\/p>\n<figure><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/cauim.org\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/apenas-uma-mulher-9.jpg\" alt=\"\" \/><\/figure>\n<p><\/p>\n<p><\/p>\n<figure><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/cauim.org\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/apenas-uma-mulher-10-609x1024.jpg\" alt=\"\" \/><\/figure>\n<p><\/p>\n<p>Le film, assez fid\u00e8le au roman (\u00e0 l&#039;exception de quelques modifications : l&#039;action se d\u00e9roule en Angleterre en 1918 dans le roman, et au Canada dans les ann\u00e9es 1960 dans le film), raconte l&#039;histoire de Jill Banford et Ellen March, deux amies d&#039;un certain \u00e2ge \u2013 toutes deux \u00e2g\u00e9es de moins de trente ans \u2013 et d&#039;une beaut\u00e9 certaine, qui \u00e9l\u00e8vent des poulets dans une ferme pour subvenir \u00e0 leurs besoins. La ferme est isol\u00e9e, froide et entour\u00e9e de bois. Jill, la plus douce (celle aux cheveux clairs), s&#039;occupe des t\u00e2ches m\u00e9nag\u00e8res (elle cuisine, par exemple) et g\u00e8re les finances, tandis qu&#039;Ellen, la plus ind\u00e9pendante et la plus forte (celle aux cheveux fonc\u00e9s), se charge des travaux plus p\u00e9nibles, comme couper du bois et r\u00e9parer les cl\u00f4tures. Malgr\u00e9 leur isolement et leur amiti\u00e9 ind\u00e9fectible, Jill et Ellen sont heureuses. Car elles ont choisi cet endroit o\u00f9 vivre. Elles ont aussi choisi ce mode de vie.<\/p>\n<p><\/p>\n<figure><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/cauim.org\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/apenas-uma-mulher-11-1024x570.jpg\" alt=\"\" \/><\/figure>\n<p><\/p>\n<p><em>La nuit, Jill et Ellen partagent le m\u00eame lit.<\/em><\/p>\n<p><\/p>\n<p>Hmm\u2026 Ce n&#039;est pas tout \u00e0 fait \u00e7a. Il semblerait que celle qui a choisi de vivre dans ce trou perdu soit la plus bavarde et la plus joyeuse des deux femmes\u00a0: Jill. Elle craint pour l&#039;avenir et sait qu&#039;elles ne deviendront pas riches en \u00e9levant des poulets. Elle se plaint sans cesse de leur situation financi\u00e8re et fait des calculs. Pourtant, selon ses propres dires, <em>\u201cElle ne s&#039;\u00e9tait jamais sentie aussi en s\u00e9curit\u00e9, aussi chez elle.\u201d<\/em>\u2026sans que personne ne lui donne d\u2019ordres. Et Mlle Banford fait tout pour plaire \u00e0 sa compagne, la taciturne et parfois assez cruelle Ellen, qui, bien qu\u2019elle ne l\u2019avoue pas \u00e0 son amie, se sent malheureuse de vivre dans un endroit aussi d\u00e9sol\u00e9. De plus, elle est consum\u00e9e par des d\u00e9sirs sexuels.<em>.<br \/><\/em>Ah, les d\u00e9sirs sexuels de Miss March !<em><br \/><\/em>Ellen n&#039;a d&#039;autre choix que de se consoler seule dans la salle de bain.<em>.<br \/><\/em>Nous devons nous souvenir que <em>Juste une femme<\/em> Ce film, destin\u00e9 \u00e0 un public adulte, a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9 \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 les tabous \u00e9taient transgress\u00e9s. De ce fait, il contient des sc\u00e8nes fortes. L&#039;une d&#039;elles montre Ellen, enti\u00e8rement nue, se masturbant dans la salle de bains. Il ne s&#039;agit pas d&#039;une sc\u00e8ne vulgaire ou exploitative\u00a0; elle fait partie int\u00e9grante du contexte. De plus, toute la charge \u00e9rotique r\u00e9side dans les g\u00e9missements et les expressions du personnage, dont l&#039;image se refl\u00e8te dans les miroirs de la pi\u00e8ce. Et nous en dirons plus\u00a0: dans cette sc\u00e8ne, nous ne voyons pas une actrice incarnant un personnage s&#039;adonnant \u00e0 un plaisir solitaire. Nous voyons plut\u00f4t une femme en d\u00e9tresse, contrainte de recourir \u00e0 la masturbation pour satisfaire ses d\u00e9sirs. C&#039;est dans des moments comme celui-ci que l&#039;on prend conscience du talent d&#039;un acteur ou d&#039;une actrice. Nous ne voyons pas l&#039;interpr\u00e8te devant nous, mais seulement le personnage.<\/p>\n<p><\/p>\n<figure><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/cauim.org\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/apenas-uma-mulher-12-1024x571.jpg\" alt=\"\" \/><\/figure>\n<p><\/p>\n<p><em>Une belle image de<\/em> Juste une femme<em>, montrant le personnage d&#039;Ellen March.<\/em><\/p>\n<p><\/p>\n<p>Mais revenons \u00e0 l&#039;essentiel : tout se d\u00e9roule sans accroc, jusqu&#039;au jour o\u00f9 appara\u00eet le premier \u00e9l\u00e9ment qui va d\u00e9stabiliser le quotidien des deux femmes : un renard qui commence \u00e0 effrayer, attaquer et tuer les poules, au grand d\u00e9sespoir de Jill.<em>.<br \/><\/em>Ellen tente, en vain, de chasser et de tuer l&#039;animal avec un coup de fusil \u00e0 double canon.<em>.<br \/><\/em>\u00c0 une autre occasion, Mlle March et le renard se retrouvent face \u00e0 face.<em>.<br \/><\/em>C&#039;est une s\u00e9quence m\u00e9morable qui r\u00e9v\u00e8le le talent des deux sc\u00e9naristes, le talent du directeur de la photographie, William Fraker, et le talent du monteur, Thomas Stanford.<\/p>\n<p><\/p>\n<figure><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/cauim.org\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/apenas-uma-mulher-13-1024x563.jpg\" alt=\"\" \/><\/figure>\n<p><\/p>\n<figure><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/cauim.org\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/apenas-uma-mulher-14-1024x574.jpg\" alt=\"\" \/><\/figure>\n<p><\/p>\n<p>La sc\u00e8ne commence avec Miss March, absorb\u00e9e par son reflet dans le ruisseau qui coule pr\u00e8s de la ferme. Puis, sans se soucier du froid, elle retire ses gants de laine et son bonnet d&#039;aviateur. D&#039;un geste tr\u00e8s f\u00e9minin, elle secoue ses cheveux et caresse sa poitrine par-dessus son \u00e9pais manteau. Elle se sent femme. Soudain, se retournant, elle aper\u00e7oit, \u00e0 quelques m\u00e8tres, le renard qui la fixe intens\u00e9ment. L&#039;animal ne semble pas craindre Ellen. Au contraire, il est s\u00fbr de lui et arbore un regard provocateur, comme s&#039;il disait \u00e0 la cr\u00e9ature qui se tient devant lui\u00a0: <em>\u201cAlors, qu&#039;est-ce que tu vas faire ?\u201d<\/em> Mademoiselle March, quant \u00e0 elle, est parfaitement capable d&#039;abattre le renard, puisqu&#039;elle poss\u00e8de le fusil. Pourtant, elle ne tire pas un seul coup de feu. Elle ne pointe m\u00eame pas l&#039;arme sur l&#039;animal. Elle semble hypnotis\u00e9e. Finalement, le renard s&#039;enfuit et dispara\u00eet dans les bois. Tout cela est racont\u00e9\/montr\u00e9 par une succession rapide de plans vari\u00e9s\u00a0: plan moyen de Mademoiselle March, tr\u00e8s gros plan du renard, gros plan de Mademoiselle March, tr\u00e8s tr\u00e8s gros plan de Mademoiselle March, gros plan des yeux du renard, gros plan des yeux de Mademoiselle March, tr\u00e8s gros plan du renard, plan moyen de Mademoiselle March, plan moyen du renard et gros plan des yeux du renard. Il y a une coupure presque imperceptible, puis on voit le renard en entier, courant dans la neige et disparaissant parmi les arbres. Nouvelle coupure. Gros plan de Mademoiselle March. March. Puis\u2026, <em>voyages<\/em> De l&#039;avant-plan jusqu&#039;au gros plan sur Mme March<em>.<br \/><\/em>Passez \u00e0 la s\u00e9quence suivante.<em>.<br \/><\/em>C&#039;est l&#039;heure du d\u00eener.<em>.<br \/><\/em>Jill et Ellen sont assises \u00e0 table et discutent.<em>.<br \/><\/em>La derni\u00e8re partie de la conversation m\u00e9rite d&#039;\u00eatre retranscrite ici\u00a0:<\/p>\n<p><\/p>\n<p><strong>Ellen :<\/strong> J&#039;ai vu le renard aujourd&#039;hui. Il \u00e9tait tout pr\u00e8s. J&#039;avais le fusil, mais je n&#039;ai pas tir\u00e9.<em>.<br \/><\/em><strong>Jill :<\/strong> Pourquoi n&#039;a-t-il pas tir\u00e9 ?<em><br \/><\/em><strong>Ellen :<\/strong> Je ne sais pas. Elle m&#039;a regard\u00e9. Et je l&#039;ai regard\u00e9e. Elle n&#039;avait pas peur. Elle m&#039;a juste regard\u00e9.<em>.<br \/><\/em><strong>Jill :<\/strong> Cela n&#039;a absolument aucun sens.<em>.<br \/><\/em><strong>Ellen :<\/strong> Je sais. J&#039;y pense depuis mon retour.<em>.<br \/><\/em><strong>Jill :<\/strong> Avait-il l&#039;arme sur lui ?<em>.<br \/><\/em><strong>Ellen :<\/strong> J&#039;ai d\u00e9j\u00e0 dit oui.<em>.<br \/><\/em><strong>Jill (agac\u00e9e) :<\/strong> S&#039;il avait l&#039;arme, pourquoi n&#039;a-t-il pas tir\u00e9 ?<em>.<br \/><\/em><strong>Ellen :<\/strong> Je ne sais pas. J&#039;ai\u2026 \u00e9t\u00e9 pris au d\u00e9pourvu. Elle me regardait. Elle me fixait. Elle est rest\u00e9e l\u00e0, immobile.<em>.<br \/><\/em><strong>Jill :<\/strong> N&#039;avait-elle pas peur ?<em><br \/><\/em><strong>Ellen :<\/strong> Non<em>.<br \/><\/em><strong>Jill :<\/strong> Oh, mars\u2026 mars, \u00e7a n&#039;a aucun sens.<em>.<br \/><\/em><strong>Ellen :<\/strong> Voil\u00e0 ce qui s&#039;est pass\u00e9.<em>.<br \/><\/em><strong>Jill :<\/strong> C&#039;est ridicule !<em>.<br \/><\/em><strong>Ellen :<\/strong> Oui, c&#039;est exact. Mais\u2026 ce qui s&#039;est pass\u00e9 \u00e9tait diff\u00e9rent. Et\u2026 tr\u00e8s \u00e9trange.<\/p>\n<p><\/p>\n<p>Fait curieux\u00a0: Jill prononce toujours le nom de son amie, ou plut\u00f4t son nom de famille. Pourtant, Ellen prononce rarement le pr\u00e9nom ou le nom de famille de Jill.<em>.<br \/><\/em>En parlant de noms...<em>.<br \/><\/em>Jill et Ellen ont une vache. Elle s&#039;appelle Eurydice, comme l&#039;une des nymphes de la mythologie grecque.<em>.<br \/><\/em>Selon la l\u00e9gende, un jour, alors qu&#039;elle se promenait avec des amies (selon une autre version, l&#039;incident se produisit alors qu&#039;elle fuyait le berger Arist\u00e9e qui tentait de la violer), Eurydice fut mordue par un serpent et mourut. D\u00e9sesp\u00e9r\u00e9 par la mort de sa bien-aim\u00e9e, Orph\u00e9e, r\u00e9put\u00e9 pour ses talents de musicien et de po\u00e8te, descendit aux Enfers, le royaume des morts. L\u00e0, il se mit \u00e0 chanter en hommage \u00e0 sa bien-aim\u00e9e. Touch\u00e9 par ce chant m\u00e9lodieux, Had\u00e8s, le dieu des Enfers, ramena Eurydice \u00e0 la vie et autorisa Orph\u00e9e \u00e0 partir avec elle. Mais \u00e0 une condition\u00a0: Orph\u00e9e ne devait en aucun cas regarder Eurydice avant d&#039;avoir franchi les fronti\u00e8res des Enfers. Malheureusement, au moment o\u00f9 ils allaient quitter les Enfers, Orph\u00e9e, ne pouvant plus r\u00e9sister, posa les yeux sur sa femme ressuscit\u00e9e. Aussit\u00f4t, Eurydice retourna aux Enfers, et Orph\u00e9e n&#039;y remit jamais les pieds.<span style=\"font-size: inherit; color: var(--uicore-typography--p-c,'#070707'); font-family: var(--uicore-typography--p-f,'Inter'); font-style: var(--uicore-typography--p-st,'normal'); font-weight: var(--uicore-typography--p-w,'600'); letter-spacing: var(--uicore-typography--p-ls,'-0.027em'); text-transform: var(--uicore-typography--p-t,'none'); background-color: rgba(255, 255, 255, 0);\">elle<em>.<br \/><\/em>F<\/span>Oups, je me suis \u00e9gar\u00e9, revenons-en au film. <em>Une femme comme les autres.<br \/><\/em>Par une nuit d&#039;hiver, le deuxi\u00e8me \u00e9l\u00e9ment d\u00e9stabilisant appara\u00eet : Paul (il s&#039;agit l\u00e0 d&#039;une autre diff\u00e9rence par rapport au texte de DH L).<i>a<\/i>Wrence. Dans le roman, son nom est Henry Grenfel (interpr\u00e9t\u00e9 par Keir Dullea), un marin de la marine marchande.<em>.<br \/><\/em>Paul est en permission et arrive \u00e0 la recherche de son grand-p\u00e8re, William, l&#039;ancien propri\u00e9taire de la ferme.<em>.<br \/><\/em>Ouvrir une autre parenth\u00e8se<em>.<br \/><\/em>On \u00e9tablit imm\u00e9diatement un parall\u00e8le entre Paul Grenfel et un renard. L&#039;animal menace les poules et s\u00e8me la pagaille dans le poulailler. De m\u00eame, \u00e9tant un homme, Paul menace l&#039;harmonie entre Jill et Ellen. Il d\u00e9truit leur amiti\u00e9.<em>.<br \/><\/em>Dans le roman, c&#039;est March qui \u00e9tablit l&#039;analogie entre Paul et le renard :<\/p>\n<p><\/p>\n<p><em>\u201c Pour March, il \u00e9tait le renard. Mais qu\u2019est-ce qui lui faisait penser cela ? La fa\u00e7on dont sa t\u00eate se penchait en avant ? L\u2019\u00e9clat de ses beaux yeux ? \u00bb<\/em> <em>Les poils clairs sur son visage rougeaud ? Ou ses yeux vifs et per\u00e7ants ? Impossible \u00e0 dire. Mais pour elle, ce gar\u00e7on \u00e9tait un renard ; et elle ne voyait rien d&#039;autre en lui.\u201d<\/em><\/p>\n<p><\/p>\n<p>Fermez cette nouvelle parenth\u00e8se.<\/p>\n<p><\/p>\n<figure><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/cauim.org\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/apenas-uma-mulher-16-1024x578.jpg\" alt=\"\" \/><\/figure>\n<p><\/p>\n<p><em>Keir Dullea, qui interpr\u00e8te Paul Grenfel.<\/em><\/p>\n<p><\/p>\n<p>Paul d\u00e9couvre que son grand-p\u00e8re est d\u00e9c\u00e9d\u00e9 l&#039;hiver pr\u00e9c\u00e9dent.<em>.<br \/><\/em>N&#039;ayant nulle part o\u00f9 aller, Paul finit par convaincre Jill et Ellen de le laisser rester chez elles pendant toute la dur\u00e9e de son cong\u00e9 (quinze jours), en \u00e9change de son aide pour les t\u00e2ches les plus p\u00e9nibles.<em>.<br \/><\/em>Les jours passent.<em>.<br \/><\/em>Paul discute davantage avec Jill. Cependant, lui et Ellen semblent communiquer de mani\u00e8re non verbale. Peu \u00e0 peu, Paul se sent attir\u00e9 par Ellen, ce qui \u00e9veille la jalousie et le ressentiment de Jill. Une relation d&#039;amour-haine se d\u00e9veloppe entre les trois personnages. La tranquillit\u00e9 et l&#039;harmonie sont \u00e0 jamais bris\u00e9es.<em>.<br \/><\/em>Curieusement, au d\u00e9but, c&#039;est Mlle March qui est g\u00ean\u00e9e par l&#039;arriv\u00e9e et la pr\u00e9sence de Paul. Plus tard, r\u00e9alisant que Paul s&#039;int\u00e9resse \u00e0 son amie, c&#039;est Jill qui souhaite qu&#039;il parte au plus vite. Elle va m\u00eame jusqu&#039;\u00e0 l&#039;appeler\u2026 <em>\u201c&quot;tramp&quot;.<\/em><\/p>\n<p><\/p>\n<figure><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/cauim.org\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/apenas-uma-mulher-17-1024x697.jpg\" alt=\"\" \/><\/figure>\n<p><\/p>\n<p><em>Sandy Dennis, Keir Dullea et Anne<\/em> <em>Heywood, dans une sc\u00e8ne de<\/em> Une femme comme les autres.<\/p>\n<p><\/p>\n<p>Enfin, nous retranscrivons les propos du critique Roger Ebert dans l&#039;\u00e9dition du 22 avril 1968 du journal. <em>Chicago Sun-Times<\/em>, concernant <em>Juste une femme<\/em>:<\/p>\n<p><\/p>\n<p><em>\u201c Un chef-d&#039;\u0153uvre puissant. L&#039;atmosph\u00e8re d\u00e9licatement construite de froid et de neige, de couchers de soleil pr\u00e9coces et de fra\u00eecheur persistante donne le ton. \u00bb. <\/em>Manquer<em> Dennis a un r\u00f4le difficile, qui aurait pu virer au ridicule\u00a0; mais elle s\u2019en sort avec brio. Dullea, quant \u00e0 elle, livre une prestation plus convaincante que dans certains de ses films plus r\u00e9cents, o\u00f9 elle incarnait des personnages fragiles et vuln\u00e9rables. Cette fois, dans le r\u00f4le d\u2019une figure dominatrice, elle est une r\u00e9ussite totale. Et elle trouve son partenaire id\u00e9al en\u2026 <\/em>Manquer<em> &quot;Heywood.&quot;\u201d<\/em><\/p>\n<p><\/p>\n<figure><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/cauim.org\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/apenas-uma-mulher-18-1024x572.jpg\" alt=\"\" \/><\/figure>\n<p><\/p>\n<p><em>Sandy Dennis, dans une sc\u00e8ne de <\/em>Juste une femme<em>.<\/em><\/p>\n<p><\/p>\n<figure><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/cauim.org\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/apenas-uma-mulher-19-1024x726.jpg\" alt=\"\" \/><\/figure>\n<p><\/p>\n<p><em>Keir Dullea et Anne Heywood, dans une sc\u00e8ne de <\/em>Juste une femme<em>.<\/em><\/p>\n<p><\/p>\n<figure><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/cauim.org\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/apenas-uma-mulher-20-677x1024.jpg\" alt=\"\" \/><\/figure>\n<p><\/p>\n<p><em>Affiche originale du film<\/em> Juste une femme<em>.<br \/>L&#039;affiche a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e par Leo Dillon (Lionel John Dillon Jr., 1933-2012) et son \u00e9pouse, Diane Dillon (n\u00e9e Diane Sorber), connus pour leurs illustrations de livres pour enfants et leurs illustrations de couvertures... <\/em>livres de poche<em> La science-fiction.<\/em>\u00a0<\/p>\n<p><\/p>\n<p><strong><em>Juste une femme<\/em><\/strong> (<strong><em>Le renard<\/em><\/strong>, Canada, 1967, 110&#039;)<em><br \/><\/em><strong>Direction:<\/strong> Marc Rydell<em><br \/><\/em><strong>Production:<\/strong> Raymond Stross<em><br \/><\/em><strong>Carte routi\u00e8re:<\/strong> Lewis John Carlino et Howard Koch, d&#039;apr\u00e8s le roman du m\u00eame nom de D.H. Lawrence<em><br \/><\/em><strong>Photographie:<\/strong> William Fraker<em><br \/><\/em><strong>Assembl\u00e9e:<\/strong> Thomas Stanford<em><br \/><\/em><strong>Musique:<\/strong> Lalo Schifrin<em><br \/><\/em><strong>Casting:<\/strong> Sandy Dennis (Jill Banford), Anne Heywood (Ellen March), Keir Dullea (Paul Grenfel), Glyn Morris (Overstreet)\u00a0 \u00a0<\/p>\n<p><\/p>\n<p><em>Marco Aur\u00e9lio Lucchetti est professeur universitaire et chercheur en cin\u00e9ma, bande dessin\u00e9e et livre populaire.<br \/><\/em><em>RF Lucchetti (Rubens Francisco Lucchetti, 1930-2024) \u00e9tait un \u00e9crivain de fiction et un sc\u00e9nariste pour Cinema &amp; Comics.<\/em>.\u00a0<\/p>\n<p><\/p>\t\t\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/section>\n\t\t\t\t<\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Marco Aur\u00e9lio Luchetti &amp; R. F. 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